TRILOZINE
TRILOZINE

La galaxie du fanzinat semble ne s’être jamais si bien portée qu’en cette décennie et la passion des cinéphiles s’étale aujourd’hui parfois sur des centaines de pages à la mise apprêtée qui ferait rougir bien des professionnels. À chaque année son lot de nouvelles publications aux couvertures bariolées, aux sommaires surchargés de sujets passionnants, inattendus, voire même carrément incongrus, mais surtout d’amour, pour le cinoche qui fait la nique aux bonnes mœurs et pour un lectorat fidèle au poste et ignorant la complainte déchirante de son porte-monnaie. 2017 ne déroge pas à la règle et si on ne peut en ces lignes se permettre le luxe de l’exhaustivité on mettra d’autant plus de cœur à rendre compte d’une petite sélection, une trilogie du zine, une trilozine quoi, qui nous aura offert de grands et beaux moments de lectures bis à souhait.

VIDÉOTOPSIE n° 19

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que David Didelot a bien du mal à quitter le 112 Ocean Avenue, puisque le programme de ce nouveau numéro s’ouvre sur un « Retour à Amityville… ou presque ! », petit post-scriptum au n°18 entièrement consacré à la baraque démoniaque. Mais l’on s’éloigne très vite des terres maudites pour se pencher sur la carrière de Frank de Felitta, auteur entre autres de THE ENTITY et AUDREY ROSE, avec un très beau dossier signé Thomas Roland. On reste dans l’univers des grands auteurs en retrouvant Bernard Rose via un entretien où le cinéaste évoque largement son FRANKENSTEIN que nous avions évoqué ici à l’occasion de sa diffusion à Gérardmer. Fidèle à sa richesse habituelle, le fanzine propose pas moins de 35 pages de « review bis » en vrac, des invitations à la découverte en veux-tu en voilà. Et ce n’est pas fini, puisque c’est suivi d’un colossal récap’ de la vague « Sword and sorcery » qui a noyé les 80’s suite au succès de CONAN LE BARBARE, ou encore d’une « Audiotopsie » métaleuse et en « mordovision » pourrait-on dire, puisque c’est signé Augustin Meunier dont on ne se lasse pas de visiter la crypte ! Et tout ça ne constitue qu’un échantillon des joyeusetés qui s’étalent sur les 154 pages de cet antépénultième volume.

BLACK LAGOON n°1

 

Quand on vous dit que la galaxie du fanzinat se porte bien, c’est qu’à voir le rejeton de l’année on ne peut pas en douter. L’enfant d’Augustin Meunier et Jérôme Ballay a hérité du meilleur de ses deux papas et on souhaite au couple d’offrir à ce premier né une tripotée de petits frères. En sus d’un énorme dossier sur la racaille poiscaille au cinéma, on trouvera un compte-rendu assez complet du tournage de NOSFERATU À VENISE accompagné d’un regard juste et mesuré sur le film lui-même, ce qui nous change des ricanements qui résonnent habituellement lorsque l’on évoque ce sublime ratage. Black Lagoon ne s’arrête pas là et continue de faire vibrer nos cordes sensibles avec un focus sur Roger Corman, et particulièrement sur son autobiographie HOW I MADE A HUNDRED MOVIES IN HOLLYWOOD AND NEVER LOST A DIME et sur un nouveau titre qui s’ajoute à notre liste de lecture : CRAB MONSTERS, TEENAGE CAVEMEN AND CANDY STRIPES NURSES de Chris Nashawaty. Et parce qu’entre potes, c’est naturel de se lustrer mutuellement la coquillette, on tombera sur une belle critique du monumental ouvrage de David Didelot consacré à Bruno Mattei, qui mérite amplement les éloges énoncés à son endroit. Et puisqu’on n’est pas les derniers à faire briller les nouilles, un mot sur la maquette : à nous faire pousser une troisième jambe.

MEDUSA n°28

 

Le bon vieux slasher des années 80, les clowns dans le cinéma d’horreur, la Amicus, John Hough, le cinéma populaire roumain, Gisela Dali et l’érotisme à la grecque, la coccinelle version teutonne, le cinéma japonais barré des 60’s, Stephen Sayadian et une pelletée de curiosités passée à la loupe du limier du bis Didier Lefevre, c’est le sommaire de l’énorme, du monstrueux, du 250-pagesque vingt-huitième numéro de Medusa Fanzine. Si vous vous demandez qui peut raisonnablement s’intéresser à certains de ces sujets bigrement pointus, la lecture vous apportera vite la réponse : vous, bande de petits vicieux, puisque les plumes impliquées dans la conception de ce gargantuesque panorama n’ont aucun mal à partager la passion qui les anime. Le poids du bazar est un bien maigre obstacle tant les pages se tournent vite, et gourmands que nous sommes, on ne rechignera pas sur du rab’, alors le n°29, c’est pour quand ?

Gabriel Carton

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