Haunted Summer #12 : L’EMPRISE
Haunted Summer #12 : L’EMPRISE

Sorti sur les écrans français quelques mois seulement après POLTERGEIST, soit en 1983, le film du canadien Sidney J. Furie n’a pas bénéficié du même engouement que l’opus de Tobe Hooper en dépit de son postulat lui aussi surnaturel. Délaissons donc les écrans de télévision du « rival » pour nous intéresser, dans L’EMPRISE (THE ENTITY), au combat (au calvaire, même) de Carla Moran contre l’esprit frappeur violeur qui a jeté son dévolu sur elle.

Une Carla Moran immédiatement saisie dans son quotidien, entre son travail, ses cours du soir pour devenir dactylo, et sa maison californienne où elle retrouve ses deux filles, Julie et Kim, déjà endormies, et son fils Billy, qui a tout laissé en plan dans la cuisine pour aller retaper sa voiture dans le garage. Peu émue par la porte que la jeune femme lui a claquée au nez, la caméra s’était invitée à l’intérieur de la maison, de l’intimité de Carla, que l’on retrouve ensuite dans sa chambre en train de se brosser les cheveux et de se passer de la crème sur les jambes. Soudain, son regard se fige, puis son visage pivote dans un bruit de claquement. La bouche en sang, elle est violemment projetée sur son lit, se débattant tandis que ses cris sont étouffés par un oreiller. Une scène qui saisit littéralement par son arrivée rapide dans le récit, sa violence, les sonorités martiales qui l’accompagnent et son caractère atypique, dans la mesure où il n’y avait personne d’autre dans la chambre. Mais pour Carla c’est un fait : elle a été violée.

Et le sera encore. Par cette entité qu’elle décrira comme un homme grand et fort et qui la harcèlera durant tout le récit. Pour autant, pas une seule fois la notion de complaisance, de la part du réalisateur, ne nous viendra à l’esprit. La scène de la salle de bains, lieu de tous les dangers depuis PSYCHOSE, est pourtant d’une violence inouïe. Carla fait couler un bain, puis s’y installe, dans un silence absolu. Mais tout comme son esprit, la caméra est sur le qui-vive. Deux plans d’ensemble pour s’assurer que Carla est bien seule, puis le visage, de profil, d’une femme que l’inquiétude ne quitte jamais vraiment. À travers la vapeur, et dans un cadrage oblique récurrent dans la mise en scène, une première porte se referme. La seconde claque. L’entité est là. Mais où ? Partout et nulle part, comme nous le confirme le pano vers la gauche révélant un espace vide de toute présence humaine. Le hors-champ, cet espace qui se dérobe et dans l’ombre duquel se tapit depuis la nuit des temps (du cinéma) la menace la plus perfide qui soit, est partout. Nul regard (de Carla aussi bien que du spectateur), nul angle choisi par la caméra ne pourra la dénicher : elle est invisible, impalpable, informe, et donc suprême.

Comme dans L’HOMME INVISIBLE de James Whale, qui posa brillamment les bases de l’invisibilité au cinéma (paradoxe s’il en est !), c’est par l’interaction de cette invisibilité avec son environnement qu’en creux elle se révèle. Nulle place pour elle dans le champ, en toute logique, pendant le viol. Et pourtant, sa présence abominable envahit l’écran, dans chaque mouvement imprimé sauvagement au corps de Carla, morcelé par les plans, et à son visage, écrasé contre le miroir (omniprésent ici et dans la maison, démultipliant sans cesse la menace) puis le rideau de douche. Et toujours ce rythme monocorde, métronomique et agressif, qui accompagnera systématiquement les scènes d’agression et dont l’effet pourrait sembler peu subtil, mécanique, facile (la musique nous annonçant l’arrivée de l’entité, puis l’éloignement sonore signifiant son départ, tandis que Carla s’écroule sur le sol de la salle de bains) s’il ne se superposait pas parfaitement au caractère imprévisible (parce qu’invisible) de ces agressions, tel une incarnation sonore, à défaut d’être physique.

Ce caractère désincarné de l’agresseur remet bien entendu en cause la réalité du viol. Cela a-t-il bien eu lieu ? Le film va se (et nous) poser cette question jusqu’à la fin, en se scindant en deux : une première partie tournée vers la rationalité et la psychanalyse, puis une seconde portée quant à elle sur le surnaturel et la parapsychologie, la réalité étant constamment soumise à conjonctures. Carla, en revanche, n’aura jamais aucun doute concernant son ressenti, sa réalité, le fait d’avoir été violée. Selon la même idée cronenbergienne qui veut que l’on revienne toujours au corps pour toute vérification (de la vie, de la mort), c’est à ce qu’elle a ressenti physiquement que Carla, confrontée à l’incrédulité des personnes auxquelles elle se confie, se raccroche. Incrédulité bienveillante d’un côté (sa meilleure amie Cindy se demandant légitimement si elle a vraiment été agressée et face à laquelle elle posera un « C’est arrivé » ne souffrant aucune contradiction), plus appuyée pour ne pas dire bornée de l’autre (le psychiatre qu’elle s’est décidée à consulter, qui, même s’il admettra volontiers que ses impressions sont réelles, donc vraies pour elle, ne cessera de creuser son psychisme et ne démordra que peu de ses théories basées sur un passé traumatique et une peur de la sexualité, tandis que Carla, elle, acceptera la possibilité d’être malade et de devoir se soigner).

Cette détermination dont Carla fait preuve est certes soumise à vacillements (intérieurs ou provoqués, comme lorsqu’une armada de médecins circonspects – et moqueurs après son départ – lui demande quelle serait sa réaction si l’entité la quittait. Serait-elle triste ? Pour un peu, on croirait presque entendre : « Reconnaissez-le, que vous aimez cela ») mais toujours victorieuse. Une confiance dans son propre ressenti reflétant une confiance en elle qui, bien qu’enfouie et à force d’acharnement, reprendra le dessus après avoir été bafouée. Cette primauté du ressenti en opposition au caractère hypothétique de la réalité, est l’un des atours les plus précieux du film, qui nous dit que ce n’est pas ce que nous voyons (ou ne voyons pas) qui compte, mais ce que nous ressentons.

Et ce que les autres ressentent à l’unisson. Les médecins parleront évidemment d’hallucination collective lorsque les enfants de Carla seront témoins de la troisième scène de viol, Billy étant pourtant lui aussi projeté à terre et comme foudroyé par des arcs électriques qui ne s’étaient jusqu’alors jamais manifestés. Mais une autre scène est particulièrement révélatrice : lorsque l’amie de Carla, qui lui a proposé de rester chez elle en son absence, la retrouve au milieu de son salon aux vitres explosées par l’énergie de l’entité. Si son idiot de mari ne trouvera rien de mieux à dire que « Elle a tout saccagé », Cindy, elle, affirme qu’elle « a vu de ses propres yeux ». En soi, elle n’a rien vu à part une vitre voler en éclats, mais à partir de ce moment, elle accepte de superposer les événements auxquels elle assiste avec le ressenti que son amie clame depuis le début. Carla n’est plus seule dans son combat, elle a quelqu’un à ses côtés. Et c’est cette validation, le fait que quelqu’un voit avec elle, la croit (plus important ici que croire au fait tout court – à relier d’ailleurs à ce plan d’une famille enfin réunie devant la même vision dans TAKE SHELTER), qui lui donnera la force de revendiquer, et non plus seulement affirmer, ce ressenti. La césure du film est là, qui constitue la bascule entre la partie psychanalytique et la partie parapsychologique.

Le Mal identifié, les ténèbres de l’esprit sont remplacées par des outils traquant l’invisible, épiant l’impossible, abolissant les cloisons dimensionnelles. Réunies autour de Carla, ces personnes qui croient sans avoir vu, qui acceptent une présence comme réelle, quand bien même elle demeure informe, ont néanmoins besoin d’une matérialisation. Si ce n’est de chair, au moins d’une forme (ce parapsychologue qui pense distinguer une tête et une épaule sur une photographie des arcs électriques) pour pouvoir la combattre. C’est également le but de cette expérience menée dans le gymnase de l’université, où la maison de Carla a été recrée afin d’y attirer l’entité, qu’ils vont tenter de piéger en emprisonnant sa masse dans de l’hélium liquide. Du point de vue du cinéma, qui lui non plus n’est rien sans forme : en la faisant rentrer, de force, dans le champ.

Reste une dernière étape : accepter d’avoir vu, comme en témoignera cette réaction du chef du département de psychiatrie à l’issue de l’expérience. Son homologue parapsychologue le prenant à parti et voulant en faire un témoin oculaire en l’absence de toute preuve enregistrée, ce dernier s’enfermera dans ses convictions en affirmant qu’il a certes vu « quelque chose », mais que cela aurait pu être « n’importe quoi ». Son approbation véritable du phénomène consisterait en une acceptation de ce qu’il a vu, ce qu’il se refuse à faire.

Pour autant, le film ne saurait se résumer à cette opposition entre rationnel et surnaturel. S’il s’avère que l’expérience vécue par Carla est basée sur des faits réels (« l’un des cas les plus extraordinaires de l’histoire de la parapsychologie », nous informe-t-on), ce qui ne saurait tenir lieu de « vérité », bien sûr, mais nous confirme le « camp » du film, non seulement nous ne l’apprenons qu’à la fin (rien à voir avec la fréquente roublardise d’une information précisée en début de film, voire dès la promotion, afin d’appâter le chaland impressionnable), ce qui évite de faire passer tout de suite les psychiatres pour des guignols, mais il faut aussi considérer le fait que la partie psychologique occupe tout de même la moitié du film, et n’est donc pas uniquement là pour faire joli.

Pour le moins dérangeantes, les théories du psy fouillent dans le passé de Carla (attouchements de son père, grossesse précoce, puis relation avec un homme plus âgé) et avancent des hypothèses qui refusent d’en faire une victime (les premiers mots prononcés par le chef de service après son départ de leur réunion seront : « Elle se masturbe, et a inventé tout cela pour cacher ce que font toutes les femmes », avant de parler de « fantasme infantile », ou cette insinuation agressive de son psy quant au désir qu’elle éprouverait pour son fils). Point culminant de l’ambiguïté tissée par le film : Carla, caressée par des mains invisibles (l’empreinte n’est plus décelable dans les soubresauts subis par son corps, mais sur sa peau même, dans un dispositif de mise à nu totale, formidable exemple de présence dans l’absence), dans son sommeil rempli de rêves, et atteignant l’orgasme. Avant de se réveiller, et d’en prendre conscience en pleurant, puis de le raconter au psy, couverte de honte. Le film, en cela, bouscule, mais se garde bien, au fond, de ridiculiser cette approche. Le dédain et le manque d’empathie d’un personnel médical semblant appliquer son petit manuel de la psychanalyse à la première occasion venue, oui. Mais pas l’approche. Tous les éléments relatifs au passé et à la personnalité de Carla ne sauraient non plus être considérés comme décoratifs. Bien sûr, que le combat de Carla, tout ancré dans la réalité qu’il soit par la précision de véracité finale, est avant tout un combat contre quelque chose qui la hante, la bride, l’empêche d’avancer.

Progressivement, la projection psychique (mécanisme de défense imaginaire qui rejoint les monstres évoqués par le psy, mise en chair de ce qui se trouve à l’intérieur de notre esprit pour symboliser une idée, un fantasme, une pulsion que l’on ne peut accepter – à relier à la méthode thérapeutique du Dr Raglan quelques années auparavant dans CHROMOSOME 3) est abandonnée au profit de la manifestation surnaturelle, dont les arcs électriques signifiant la présence seront… projetés au plafond de la chambre de Carla. De manière non plus psychanalytique mais cette fois métaphorique, on peut voir le combat que se livrent Carla et l’entité comme une lutte entre deux énergies contraires : une force de destruction et une force de vie. Un passé qui n’a pas été tendre et veut conserver son emprise sur Carla, et une volonté d’avancer, de s’en extraire en affirmant haut et fort son indépendance.

Car si le passé de Carla semble avoir été fortement influencé par les hommes qui ont traversé sa vie (son père et ceux de ses enfants), c’est en s’affranchissant de leur tutelle (de leur emprise, symbolisée par l’entité) qu’elle pourra se tourner vers l’avenir. Les actuels partiront d’eux-mêmes (ce compagnon fantôme, Jerry, toujours en voyage d’affaires – sans être son père – qui transformera son incompréhension en violence puis s’enfuira à toutes jambes, complètement dépassé par la situation, après avoir vu Carla sous la coupe de mains invisibles) ou à regret (le psy qui, sous couvert de conscience professionnelle, tentera de se rapprocher de Carla en arguant le fait que, face aux imposteurs se servant d’elle comme cobaye, il est impératif qu’elle garde contact avec au moins une personne tenant vraiment à elle, ce qu’elle déclinera par un « Je ne veux pas de ce contact » très doux, mais finalement aussi douloureux qu’un coup de genou dans l’entrejambe). Une affirmation d’elle-même qu’elle exprime, toujours d’une voix douce et détachée, face à l’entité qui, comme personnifiée sous les traits d’une machine, menace de la transformer en poussière, lorsque nimbée d’une lumière rouge clignotante, elle la défie par ces mots : « Je ne fuirai plus. Fais ce que tu veux. Prends ton temps, mon pote. C’est un soulagement pour moi. Je suis si fatiguée d’avoir peur. Alors ça m’est égal. Fais de moi ce que tu veux. Tu peux me torturer, me tuer. Mais tu ne m’auras pas. Tu ne peux pas m’atteindre (« touch me » dans le texte, en dépit des attouchements). Cela m’appartient ».

Comment interpréter la fin du film autrement que comme la (re)naissance d’une femme, désormais indépendante, insoumise à l’approbation des hommes, qui regarde droit devant elle, la tête haute ? Cela tient à un simple sourire. Discret, infime, mais sans équivoque. Paradoxal, également, puisqu’il surgit après ce que l’on aurait pu considérer comme le coup de grâce. Après l’épisode de la fausse maison, Carla revient dans la vraie, désormais dévastée, et est accueillie par un rauque et mémorable « Bienvenue à la maison, salope ». Carla n’en aura donc jamais fini avec ce qui la hante (ce que nous confirme le carton final précisant que les attaques, bien que moins fréquentes et moins intenses, continuent – et ce qui suggère également que ce n’est pas la maison qui est « hantée », mais bien Carla –) ? Le passé ne disparaît jamais, tout au plus il s’éloigne, nous laissant en paix. Nombre de films d’horreur (mais pas seulement) nous montrent ce qu’il advient quand on essaie justement de le faire disparaître, de l’enterrer. En l’apprivoisant, en dominant les tourments qui l’ont ébranlée, Carla cesse de subir et reprend les rênes de sa vie. La compassion cède alors la place à l’admiration pour cette femme courageuse mais qui sait accepter sa vulnérabilité, combative mais qui ne cache pas sa fragilité, magnifiquement interprétée par une Barbara Hershey bouleversante, qui sera passée par toutes les nuances du désespoir et de la détermination, avant d’accéder enfin à une forme de sérénité qui force le respect.

Audrey Jeamart

Posted by Nola Carveth 4 Comments ,

4 comments

  • Rigs Mordo dit :

    Encore un peu l’héroïne s’appellait Clara Morgane et le film changeait de style tout en gardant le même synopsis! Très belle chro pour un film que je ne connaissais pas, je ne peux donc rien en dire, mais faudra que je tente de voir ça, ça m’intéresse :)

    • Scopophilia Scopophilia dit :

      C’était moins une en effet ! Après, j’ai une préférence écrasante pour l’une des deux, faut-il le préciser ?
      Un film prenant et émouvant, et une superbe héroïne, à découvrir, donc !

  • Un beau portrait de femme par l’auteur des immortels Aigle de fer et Superman 4, qui doit beaucoup, en effet, à Miss Hershey, mais aussi au romancier-scénariste Frank De Felitta, le papa d’Audrey Rose, très agréablement et fidèlement reflété dans cet article.
    Quelques soubresauts lexicaux immédiats et dans l’ordre du texte :
    – calvaire : une dimension religieuse, qui sait (Carla au couvent, disons), expliquant le choix de Scorsese transformant Boxcar Bertha en Marie-Madeleine…
    – informe : et donc lovecraftienne aussi, au-delà des mots et des images
    – Whale mais surtout ce pervers de Verhoeven avec son vrai/faux remake à la testostérone et en reflet inversé de L’Emprise
    – l’automatisme itératif du viol équivaut à celui de sa représentation – et vice versa
    – primauté du ressenti contre caractère hypothétique de la réalité : mais le corps (et les sens facilement trompés, notamment l’illusion optique sur laquelle repose le cinéma) peut encore s’auto-abuser – sans jeu de mots ! – et pas seulement durant l’auto-érotisme…
    – atours et/ou atouts…
    – cinéma sans forme et rentrer de force dans le champ : mais la vitalité (des acteurs) se voit souvent étouffée par le corset du plan, avec ou sans story-board, dans l’horreur et ailleurs, d’où l’ivresse de liberté (pour le spectateur également) des films de Cassavetes et Pialat, grands peintres de la psyché féminine
    – la scène d’orgasme/onanisme nocturne sous des mains inconnues se retrouve retravaillée avec brio dans Rêves de cuir, écrin X de Francis Leroi pour l’inoubliable Zara Whites en avatar de Max Renn (ah, ces fichues VHS)…
    – ébranlée : mot idoine…
    Un homme filme une femme – schéma de base du cinéma – pour l’idolâtrer afin de mieux la détruire (Hitchcock dans Sueurs froides), pour conjurer le fait d’être captivé par sa capture à elle, pour en faire sa prisonnière (zébrures sur le torse de l’actrice) plus ou moins volontaire (narcissisme et exhibition) en enfer (Clouzot par deux fois) : cet art de voyeur abonde en emprises fécondes et en contes d’indépendance(s)…
    Une femme écrit sur une autre femme – trop rare spécularité critique, surtout dans le « mauvais genre » – et son regard éclaire une oeuvre de l’intérieur, avec justesse, précision, émotion et compassion. Une question se pose au lecteur (conquis et ami) : jusqu’où va l’autobiographie – celle de l’identité, non des faits (on l’espère !) – et quelle part de projection (au sens psy du terme) dans l’autofiction ? Barbara, Audrey, des héroïnes divergentes mais complémentaires, deux âmes sœurs réunies dans la maison du cinéma, celle de Daney ou de Sidney…

    • Scopophilia Scopophilia dit :

      Merci pour ces riches impressions, Jean-Pascal !
      Pour te répondre :
      – Omis de mentionner Franck de Felitta, alors que je me faisais justement la réflexion que le fait qu’il soit à la fois l’auteur du roman et le scénariste du film était intéressant.
      – Termes religieux passés dans le langage courant, mais les mots ont un sens, ne l’oublions pas. Une piste à méditer…
      – Lovecraftienne, et (pour moi) baudelairienne (« l’eau informe et multiforme »).
      – Toutes les versions de L’Homme Invisible, si l’on veut, mais une affection particulière pour le Whale, et rendons à César…
      – Surgissements éprouvants s’il en est. Spectateur témoin, ou comme englobé dans le plan (voire à la place de) ?
      – Auto-abus ou non, cela reste un ressenti, non ?
      – Une lettre change, et tout est différent. Le mot « atours » est tellement beau… Et pas là par hasard. Une volonté de privilégier, dans le vocabulaire féminin et par rapport à Carla, la parure (en quelque sorte ce qui se dégage), au simple physique.
      – D’accord avec ce que tu dis, même si attrait également pour les corps morcelés par les plans, puzzles d’images souvent signifiantes, même si au détriment de l’intégrité physique des acteurs. Bon, et puis l’entité est mauvaise, on la fait rentrer de force si l’on veut !
      – Je note, je me souviens de ton post sur ce film.
      – Not intended !
      – Retour à « l’eau informe et multiforme » de Baudelaire, et à la création d’un personnage féminin auquel le poète semble être soumis, mais qu’en fait il contrôle, modèle à son goût. La création artistique comme forme de possession, ou d’emprise. Prolongement chez le spectateur ? Quelle place pour les spectatrices ?
      – Un véritable privilège. Quant à l’autobiographie, au-delà de la subjectivité maximale, dont les tentacules s’étendent et se déforment à l’infini (comme le ressenti, pour boucler la boucle), un magicien ne révèle pas ses trucs… Astuce ?
      Merci pour ta lecture attentive et bienveillante, as usual.

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