BLOODY WEEKEND 2015 : A Bloody Good Time !
BLOODY WEEKEND 2015 : A Bloody Good Time !

Chaque année, le Bloody Week-end offre l’opportunité aux fans de cinéma fantastique de tous horizons de se réunir dans la plus grande convivialité. L’édition de cette année, la 6ème depuis la création de la manifestation, n’a pas dérogé à la règle et c’est dans une ambiance survoltée que nous avons aligné sur le weekend, rencontres, visionnages et tentations en tout genre dont nos portefeuilles se souviendront.

Mais les dépenses sont un moindre mal quand il s’agit de redécouvrir le romantico-trash RETOUR DES MORTS-VIVANTS 3 en présence du réalisateur Brian Yuzna et du scénariste John Penney, l’étonnant WAXWORK en présence du réalisateur Anthony Hickox, ou encore le dérangeant PARENTS de Bob Balaban présenté par l’enfant du rock Jean-Pierre Dionnet qui ressuscite l’espace d’un instant l’esprit de son émission culte « Cinéma de Quartier ».

Au rayon des merveilleux tentateurs, passage obligé par le stand de l’éditeur Artus Films où Alain Petit, dont on attend avec impatience l’alléchant JESS FRANCO, OU LES PROSPÉRITES DU BIS, présentait son dernier ouvrage, en fait une réédition en un seul bloc des 5 volumes de 20 ANS DE WESTERN EUROPÉEN, une étude définitive du genre. À ses côtés Sébastien Gayraud, qui avait déjà collaboré avec Maxime Lachaud (présent lui aussi pour présenter son ouvrage REDNECK MOVIES : RURALITE ET DEGENERESCENCE DANS LE CINEMA AMERICAIN) à l’écriture de REFLETS DANS UN ŒIL MORT sur le Mondo et le film de cannibales (ed. Bazaar&co), proposait fièrement JOE D’AMATO, LE RÉALISATEUR FANTÔME, premier ouvrage au monde entièrement consacré à un réalisateur à l’œuvre aussi colossale qu’improbable, et dont nous reparlerons très bientôt !

Alléchant également était le stand de UNCUT MOVIES, l’éditeur des « films cultes les plus fous de la planète », qui a commencé à la fin des années 90 avec des titres en VHS ! Depuis, la passion et l’investissement des deux têtes pensantes de Uncut Movies leur permet d’éditer de manière totalement indépendante trois titres par an en DVD, ravissant les amateurs de gore, de trash, de décadence. Dans leur catalogue figurent notamment THANATOMORPHOSE du canadien Éric Falardeau, une splendeur ignoble qui voit une jeune femme assister impuissante à sa propre décomposition physique (nous en reparlerons beaucoup plus longuement, soyez-en sûrs !) et NECRONOS – TOWER OF DOOM, film allemand réalisé par Marc Rohnstock sous la bannière TROMA, petit dernier tout frais sorti des flammes de l’Enfer.

Non loin de là s’étalaient les fanzines aux visuels aguicheurs. VIDEOTOPSIE nous fait de l’œil et pour cause, David Didelot éprouve une passion sans borne pour le bis transalpin et il la communique merveilleusement. LE MANOIR DE LA TERREUR d’Andrea Bianchi, THE ANTICHRIST d’Alberto De Martino, et CALIGULA THE UNTOLD STORY de… Joe D’Amato justement, s’étalent en autant de couvertures bariolées. Notons que David Didelot devrait bientôt publier chez Artus (encore eux !) un livre entièrement consacré à une autre figure fantasmagorique du bis italien : l’inénarrable Bruno Matteï. Son voisin n’était autre que Laurent Faiella, alias LE FANZINOPHILE, dont la passion est, vous l’aurez deviné, les fanzines, et qui s’est donné pour mission de répertorier sur son site tous les fanzines francophones de cinéma, d’hier et d’aujourd’hui. Et il y en a un paquet ! Les exemplaires présentés lors du festival, comme par exemple Euro-Bis, La Fraîcheur des Cafards, Ciné-Bazar ou encore le Toutes les Couleurs du Bis consacré à Lucio Fulci, partie émergée de l’iceberg, donnaient en tout cas envie de partir plus loin encore à la conquête du monde merveilleux du fanzinat. Et c’est d’ailleurs devant son stand que nous avons fait connaissance avec le tenancier de la Toxic Crypt, très sympathique site que nous découvrions avant le festival, c’est ça aussi, la magie du Bloody.

Nous sommes également allés à la rencontre de Didier Lefevre, le papa de MEDUSA FANZINE. Nous n’irons pas par quatre chemins : le n°26, sorti en février dernier, est somptueux. 204 pages richement illustrées et des sujets à ne plus savoir où donner de la tête : les entretiens avec le compositeur Claudio Simonetti, suivi d’un dossier sur les BO de gialli par Lucas Giorgini (qui tenait d’ailleurs un stand pour présenter sa collection de bandes originales de films, devant laquelle nous avons bien bavé, avouons-le, et que nous avons questionné sur son projet de livre consacré à Edwige Fenech), de David Didelot (décidément !) pour son ouvrage Gore : Dissection d’une collection, de Ruggero Deodato ou encore de Fabrice Blin, réalisateur du documentaire Super 8 Madness, qui nous avait ravis au Festival de Gérardmer et dont nous attendons avec impatience la sortie en DVD,  mais aussi des chroniques à n’en plus finir et des surprises dans tous les coins (de page). Et après quinze ans d’interruption, le fanzine HAMMER FOREVER du même Didier Lefevre faisait son grand retour avec le n° 39. Affaire à suivre, donc !

Si nous avons pris le temps de nous arrêter sur ces quelques stands, de discuter avec toutes ces personnes qui font chacune à leur manière vivre le cinéma de genre, et d’y faire des emplettes réjouissantes, il est bien évident que cela ne représentait qu’une petite partie de ce village des exposants (illustrateurs, auteurs, maquilleurs effets spéciaux, vendeurs spécialisés…) qui trois jours durant s’est vu empli de discussions enfiévrées, d’animations en tout genre, de dédicaces, de rencontres entre passionnés. Le cœur du Bloody Week-end est là, dans ce partage, si cher à ses organisateurs Loïc Bugnon et Aurélie Bugnon.

Un sentiment qui a également traversé la cérémonie de clôture du festival. Une cérémonie pas comme les autres, durant laquelle Patricia, telle une conteuse, nous a fait nous interroger sur notre rapport à la peur, avant d’être enlevée par Michael Myers en personne ! Après l’annonce du palmarès de la Compétition internationale de courts-métrages et la remise des prix, chaque membre du jury s’est prêté au jeu du petit discours et à la signature du livre d’or. De leur propre aveu (car le Bloody a les moyens de les faire parler !) heureux d’avoir été là. Et nous aussi ! Il est difficile de retranscrire l’ambiance à la fois pleine d’émotion et de décontraction qui régnait à ce moment-là. Mais toujours est-il qu’à la fin, nous en avions la certitude : c’était notre première édition, mais certainement pas la dernière !

Audrey Jeamart & Gabriel Carton

Posted by Pete Pendulum 6 Comments

6 comments

  • Rigs Mordo dit :

    Bravo à vous pour ce report très fidèle vis-à-vis de l’ambiance du festival et un grand merci pour le mot à mon égard ! Ce fut un plaisir de rencontrer l’une des moitiés de Scopophilia, j’espère croiser la deuxième l’an prochain.

    • admin admin dit :

      Merci Rigs ! On rempilera sans problème ! Au mois de Mars il y a aussi Offscreen à Bruxelles qui m’a l’air très très bien mais que je n’ai jamais pu faire.

  • Dirty Max dit :

    Je découvre Scopophilia grâce à l’ami Rigs, et en même temps je retrouve un autre compte-rendu passionnant sur le Bloody Week-End. Décidément, je me demande comment j’ai pu passé à côté d’un tel événement ! Et en plus, j’apprends que Lucas Giorgini va écrire un bouquin sur Edwige Fenech ! J’attends ça avec impatience !

    • admin admin dit :

      Bienvenue, Dirty Max, et merci ! Et welcome back, apparemment ?
      Ha, le Bloody Week-end, attention, car une fois qu’on y a goûté…

  • Loïc dit :

    Bravo à vous tous ! sans vous pas de Bloody week-end…
    Rendez-vous l’année prochaine pour la prochaine édition …
    Bloody kiss
    Loïc Bugnon
    « La passion est un moteur dont personne ne mesure la puissance ».
    Pieter Aspe

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