BLOODY WEEKEND 2015 : LA COMPÉTITION !
BLOODY WEEKEND 2015 : LA COMPÉTITION !

En plus de proposer belles rencontres et révisions de nos classiques, le Bloody Week-end est aussi une affaire de compétition et offrait à cette occasion la possibilité de découvrir 28 court-métrages illustrant le talent de jeunes réalisateurs du monde entier. Voici un petit panorama des primés et d’autres films que nous y avons appréciés.

PALMARÈS :

Grand Prix : TIMOTHY, Marc Martinez Jordán, Espagne

Mention Spéciale du Jury : JULIET, Marc-Henri Boulier, France

Meilleur Scénario : PRÉSENCE, Thomas Lebascle, France

Meilleurs Effets Spéciaux : LE DÉSIR DU MONSTRE, Aurélien Antezac, France

Meilleur Film d’Animation : IMPOSTEUR, Elie Chapuis, France / Suisse

Prix Jury Jeunes : LA MAISON DE POUSSIÈRE, Jean-Claude Rozec, France

Prix du Public : LA MAISON DE POUSSIÈRE, Jean-Claude Rozec, France

 

SESSION FICTION

La sélection commençait fort avec INVADERS, de l’américain Jason Kupfer, qui voit le plan de deux psychopathes tourner à la catastrophe alors qu’ils tentent désespérément de soigner leur entrée dans un pavillon de banlieue où une famille est attablée pour Noël. Percutant et jouissif, INVADERS profite de sa courte durée (7 min) en faisant d’un humour incisif son meilleur atout.

 

Dans un esprit similaire, l’à peine plus long TIMOTHY de Marc Martinez Jordán (Espagne) nous raconte l’histoire de Simon, un petit garçon qui voit le personnage de son émission préférée, un lapin rose nommé Timothy, se matérialiser chez lui alors qu’il est seul avec sa baby-sitter. La visite tourne au cauchemar quand Timothy se révèle être une machine à tuer qu’une bonne humeur constante rend encore plus malsaine. Complètement barré, décomplexé, rythmé et superbement photographié, TIMOTHY se paye le luxe de repartir avec le Grand Prix, puisqu’il représentait tout à fait, aux yeux du jury, l’esprit du Bloody Week-end !

 

Le jury a également tenu à récompenser d’un Prix Spécial un autre film, JULIET de Marc-Henri Boulier (France). Une fable grinçante située dans un futur proche, narrant la commercialisation d’androïdes de compagnie, palliatifs à la solitude. La force du film est de subtilement nous faire passer de la comédie absurde au drame, le rire se faisant de plus en plus jaune, à mesure que le phénomène engendre dérives et incompréhension.

 

Le Prix du Meilleur Scénario a été attribué à PRÉSENCE de Thomas Lebascle (France), qui suit la petite Angèle, déterminée à regarder un vieux film d’horreur chez ses grands-parents, mais tourmentée par ses peurs dès lors qu’il sera l’heure de dormir. Le point de vue enfantin, encore renforcé par une déco ultra vintage qui nous a sûrement rappelé à tous des souvenirs de soirées chez nos grands-parents, est ici particulièrement pertinent, jusqu’à cette fin déroutante qui s’interroge sur la vraie nature de l’horreur.

 

LE DÉSIR DU MONSTRE d’Aurélien Antezac (France) repart quant à lui avec le Prix des Meilleurs Effets Spéciaux, une récompense assez peu représentative de l’entreprise du réalisateur, qui a avant tout rendu hommage aux classiques des années 20 (principalement THE UNKNOWN de Tod Browning avec Lon Chaney) avec une histoire d’amour entre freaks mélodramatique à souhait et visuellement somptueuse.

 

Le reste de la sélection maintenait un haut niveau de qualité et parmi nos coups de cœur on citera le romantique RIEN NE PEUT T’ARRÊTER de David Hourrègue (France), l’histoire d’une boucle temporelle bien ficelée, LA MOMIE de Lewis Eizykman (France), qui palliait son peu de moyens par une poésie éthérée et mélancolique, LE MESSAGER de Michael Krsovsky (France) ou l’émouvante chronique d’une expérience de mort imminente, FLASH de Ruiz Rojo Alberto (Espagne), doté d’une très belle photographie et s’illustrant de manière quelque peu amère dans le fantastique romantique, mais aussi Mr DENTONN de Ivan Villamel (Espagne) qui, en dépit de la parenté de son sujet avec le Mister Babadook de Jennifer Kent et son côté « exercice de style », s’est révélé bien mené et efficace, et enfin le troublant et métaphorique YOU WILL FALL AGAIN de Alex Pachon (Espagne).

 

SESSION ANIMATION

Rayon animation, la qualité était aussi au rendez-vous. Le Prix du Meilleur Film d’Animation revient à IMPOSTEUR de Elie Chapuis (France / Suisse), un court métrage en noir et blanc réalisé en stop motion, dans lequel un échange de têtes entre un cerf mal intentionné et un bon père de famille sème le trouble dans une maisonnée. Un conte horrifique au charme discret mais à l’élégance certaine.

 

LA MAISON DE POUSSIÈRE se posait comme un véritable morceau de poésie, un voyage à travers les innombrables souvenirs qu’abrite une vieille tour HLM et qui prennent vie à la veille de sa destruction. Après avoir versé notre petite larme devant ce film, nous n’avons pas été étonnés que le conte nostalgique de Jean-Claude Rozec (France) obtienne l’adhésion du Jury Jeune et celle du public… et leurs prix respectifs.

 

Nous avions également misé sur SALE GUEULE de Alain Fournier (Québec) qui, par son ton mélancolique, son esthétique froide, son aisance à installer une intrigue dans le décor réduit d’un vieux phare fouetté par les vagues, la beauté de sa relation entre le vieux gardien et un ancien marin défiguré destiné à prendre la relève, nous avait semblé digne de recevoir un prix, mais c’est bredouille qu’il est malheureusement reparti.

 

Le plus court film de la compétition, MUTE de Job Roggeven, Joris Oprins et Marieke Blaauw (Pays-Bas), était pourtant d’une efficacité redoutable. D’amusants petits personnages sans bouche découvrent, après l’accident domestique d’un bébé, qu’il leur suffit de trouver un objet tranchant (boomerang, scie circulaire, corde à linge, ventilateur…) pour se doter de l’orifice qu’ils attendaient tant. Inventif, drôle et décalé !

Délirant dans sa narration et étonnant dans son animation 2D traditionnelle à la personnalité marquée, TEMPÊTE SUR ANORAK de Paul Cabon (France) déploie une intrigue autour de l’invention top secrète de deux jeunes scientifiques, alors qu’une tempête s’empare des côtes bretonnes. Mystique, psychédélique, télépathique : un court qui nous a décoiffés !

Doté d’une belle ambiance, PATCHWORK de (retenez votre respiration) Galaad Alais, Benjamin Bournier, Stéphanie de Fortis, Amélie Gavard, Arnaud Lapeyre, Amélie N’guekora et Magali Vida d’ISART Digital (France) adapte à sa sauce le mythe de Frankenstein, avec toutefois un retournement final qu’on n’avait pas vu venir.

On retiendra également l’attachant TIMBER de Nils Hedinger (Suisse) dont les protagonistes, des bûches réunies autour d’un feu qui menace de s’éteindre, en viennent à s’entre-tuer pour alimenter le brasier et éviter la morsure du froid, ainsi que le sensuel et arty, quoiqu’un peu hermétique, LA BÊTE de Vladimir Mavounia-Kouka (France), doté d’un style crayonné particulièrement fluide nous entrainant tel un tourbillon, qui proposait une illustration furieuse et très explicite de l’alliance entre sexe et horreur.

Audrey Jeamart et Gabriel Carton

Posted by Nola Carveth 0 Comments

0 comments

No comments yet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>